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Le monoxyde de carbone

Le monoxyde de carbone reste en France la première cause de mort toxique accidentelle. Cette intoxication affecte aussi bien les individus isolés que les groupes (famille).
L’Île-de-France est, régulièrement, la région la plus touchée par les intoxications au monoxyde de carbone.

Au total, selon les signalements transmis à Santé Publique France, 478 personnes ont été intoxiquées en Île-de-France en 2015, parmi lesquelles 372 ont été hospitalisées et 2 sont décédées.

L'Agence Régionale de Santé Île-de-France se mobilise donc afin de prévenir ces intoxications mortelles mais évitables.

Qu’est-ce que le monoxyde de carbone ?

Le monoxyde de carbone est un gaz asphyxiant indétectable : il est invisible, inodore et non irritant. Il résulte d’une mauvaise combustion au sein d’un appareil de chauffage fonctionnant au gaz, au bois, au charbon, à l’essence, au fuel ou encore à l’éthanol. Sa densité étant voisine de celle de l’air, il se diffuse donc très vite dans l’environnement, et peut donner lieu à des intoxications mortelles en quelques minutes.

Tout appareil thermique (moteur, appareil de cuisson, de chauffage ou de production d’eau chaude) utilisant un combustible contenant du carbone est susceptible de provoquer une intoxication au monoxyde de carbone, s’il n’est pas installé, utilisé ou entretenu correctement.

Quels sont les appareils à surveiller ?

Tous les types d’appareils sont concernés :

  • les chaudières (bois, charbon, gaz, fioul) ;
  • les chauffe-eau et chauffe-bains ;
  • les inserts de cheminées, poêles ;
  • les chauffages mobiles d’appoint ;
  • les cuisinières (bois, charbon, gaz) ;
  • les appareils de fortune : type brasero ;
  • les appareils de cuisson d'extérieur : barbecue, plancha au gaz.
  • les moteurs automobiles dans les garages ;
  • les groupes électrogènes à essence ou à fioul et tout moteur thermique fixe ou mobile ;
Comment survient une intoxication ?

Dans une majorité des cas, les accidents résultent de :

  • la mauvaise évacuation des produits de combustion (conduit de fumée obstrué ou mal dimensionné) ;
  • l’absence de ventilation dans la pièce où est installé l’appareil (pièces calfeutrées, sorties d’air bouchées) ;
  • l'absence ou du défaut d’entretien des appareils de chauffage et de production d’eau chaude ainsi que les inserts, poêles, cuisinières, chauffages mobiles d’appoint ;
  • la vétusté des appareils ;
  • la mauvaise utilisation de certains appareils (appareils de chauffage d’appoint utilisés en continu par exemple, groupes électrogènes, appareils de cuisson d'extérieur utilisés en intérieur…).

Parfois deux ou plusieurs facteurs cités interviennent dans l’accident.

Dans ces conditions, le monoxyde de carbone est inhalé par la personne exposée, puis se fixe sur les globules rouges et les cellules musculaires où il entre en compétition avec l’oxygène. Il agit comme un gaz asphyxiant, parfois mortel, qui immobilise la victime, et l’empêche de se secourir.

Les symptômes d’une intoxication

L’intoxication au monoxyde de carbone peut intervenir de deux façons différentes :

  • L’intoxication aiguë, qui entraîne une intervention des secours en urgence. Elle a pour effet des vertiges, maux de tete, nausées, une perte de connaissance, voire un coma et le décès dans les cas les plus graves. En cas d'intoxication aiguë, dans la majorité des cas, les symptômes disparaissent en 48 heures. Cependant, il arrive que plusieurs jours, voire plusieures semaines (de 2 à 40 jours) après l'intoxication, des troubles apparaissent : il peut s'agir de migraines, de vertiges, de sensation de faiblesse musculaire, de troubles de l'audition, de la vue, de la mémoire ou du comportement, d'insomnie. L'apparition de ces séquelles n'est pas systématique mais est mal connue et nécessite une vigilance particulière.

  • L’intoxication chronique se manifeste par des symptômes communs à d'autres maladies et donc diffcilement diagnosticable : maux de tête, vertiges, malaises, nausées, troubles de la vision, de l’odorat ou du goût, troubles du sommeil, de la mémoire, de l’attention, douleurs thoraciques, abdominales, musculaires peuvent être des conséquences selon les individus.

Le monoxyde de carbone a été décrit comme «le grand imitateur» car les intoxications donnent lieu à un grand nombre de faux diagnostics de grippe, de gastro-entérites ou d’autres affections bénignes.

Accéder à la page Le monoxyde de carbone : 5 conseils pratiques

Accéder à la page L'ARS acteur du dispositif de surveillance des intoxications

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Mise à jour le 7 octobre 2016